Cette vacance

20/03/2013 20:54 par francettedenbas

Cette vacance qui s'installe le soir,après le monologue qui a repassé l'avalanche de drames qui s'est abattue en deux jours ...quand autour de soi le monde dit normal se met à tourner fou. Des soignants qui se trnsforment en moniteurs à chronomètre, des vivants qui s'en vont en mort violente, des maladies oubliées qui renaissent, de l'absurde qui en vient à nous faire rire pour n'en pas pleurer...Quand le système autour tourne fou lui aussi, que le capitalisme décide soudainement de scier ses bases en vidant ses banques, puis se reprend en préférant essayer de rester. Quand tout se dérobe ou part en vrille, peut-être même en vortex, je me rattrape à ces deux ilots souriants de la journée. Un patient, homologué fou, qui arrive dans mon bureau tout crispé, lèvres serrées et je me tais. Jusqu'à l'entendre dire "le soleil est sorti"; ce n'est pas vraiment vrai, mais je l'en félicite de commencer par là; il en rit puis se met à parler sereinement de la mort, lui qui la craignait tant...L"autre caillou, un sms qui dit "la primevère que tu m'as donnée est en train de fleurir". Tout n'est pas noir, le soleil sort, les fleurs s'ouvrent, et nos errements n'arrêteront pas la vie.

Sans lumière, sans eau, sans peur...

12/03/2013 12:38 par francettedenbas

A écouter cet AM à 15h sur france inter lasuite du reportage de Mermet sur les familles andalouses expulsées qui occupent des immeubles vides. Des familles qui ressemblent à beaucoup de familles françaises qui ont travaillé, cotisé, acheté leur maison à crédit et qui sont expulsées pr les banques, certaines obligées de continuer à payer pour une maison qui ne leur appartient plus, parce que la sainte crise, celle qu'ont fait les banques et qui doit être payée par les travailleurs, ceux qui produisent les richesses que d'autres gaspillent. Des gens  comme vous et moi, comme certains qui attendent le retour de la chasse aux puvres, et qui seront peut-être pauvres quand la chasse battra son plein, qui peut-être occuperont des immeubles vides pour ne pas faire dormir leurs enfants dans la rue, qui peut-être iront chercher des bouts de feraille à vendre pour acheter à manger. Et qui diront alors: "je me suis fait avoir...". Sans lumière, sans eau et sans peur il faut parfois arriver au bout du bout pour que la conscience s'éveille

Ides de mars

08/03/2013 19:10 par francettedenbas

Fin février Stéphane Hessel qui s'en va, et si son pamphlet n'était pas révolutionnaire, au moins aura-t-il fit causer et peut-être réfléchir, bien que l'on ne voit pas trop les suites de cette réflexion, sinon une meilleure conscience, dans tous les sens de cette expression.

Et mars, ou Mars, qui continue comme si de rien n'était. Hugo Chavez est mort et j'ai confiance en son peuple pour faire durer le mouvement, malgré les menaces peu voilées du grand voisin d'Amérique du Nord. Lu sur des blogs de radio populaire des réactions à faire honte d'être français, encore plus quand on se dit que ceux qui les écrivent sont probablement fils d'ouvriers, voire ouvriers eux-mêmes, rebaptisés assistants truc ou opérateurs machin, fiers d'être esclaves d'une idéologie à laquelle ils ne comprennent sans doute pas grand chose.

Pendant que j'écris, j'entends Melenchon "ce qu'est Chavez ne meurt jamais". Et le commentateur france inter parler de populisme et ses invités de clientélisme, d'autoritarisme et se réjouir de la chute du communisme, rassurés.

Dans la France que je préfère, la maison des babayaga est ouverte, habitée, ça coûte à chacune 420 euros par mois, qui dit mieux? Il me plairait de construire une structure semblable, s'il y a des envies semblables chez d'aucunes...

Des oisillons qui tombent du nid à une époque où les nids devraient à peine être construits, et du coup j'ai vérifié dans mon jardin et c'est vrai, plein de petits oisillons qui réclament à manger et je comprends mieux cette razzia sur les graines en ce moment.

Aujourd'hui journée de la femme et le marronier annuel sur le décalage salarial, journée des resto du coeur et enterrement de Chavez. Et les cardinaux qui se prennent le bec comme dans la droite française, seule nouvelle amusante de la journée.

 

Un air de déjà vu...

25/02/2013 21:12 par francettedenbas

- Qui c'est cette Sophie, demande-t-elle d'un air suspicieux.

 

- Mais l'infirmière qui me conseille pour mon diabète. Elle me dit de faire de l'exercice, et que passer l'aspirateur est un exercice.

 

- Aaaaaah!...je l'aime déà cette Sophie!

 

La mémère tout juste bonne à passer l'aspirateur et être jalouse, mais béate parce qu'une autre suffère à son mec de passer l'aspirateur. Parce que ce n'est pas elle qui oserait, cette courge.

 

Un sportif synthétique qui massacre sa compagne, donne une excuse idiote et est relâché.

 

Propagande anti-pilule qui réussit, et sera suivie de bébés non attendus et d'IVG pour celles qui auront de la chance. Propagande contre le droit de la femme à faire l'amour sans risques. Même s'il y a des raisons pour cela. Mais ces raisons, quand j'ai pris la pilule il y a plus de quarante ans, on les connaissait déjà...

 

Mariage des homosexuels qui se transforme en débat sur la PMA, et les politicards de fantasmer sur la GPA, qui remettra la femme à sa vraie place: un sexe, un ventre... et un aspirateur.

 

Tout cela ne se rejoint-il pas quelque part??????

Les derniers

24/02/2013 16:51 par francettedenbas

Vu un documentaire qui, pour ne pas être récent '1998) était tout neuf pour moi: TOI L'AUVERGNET...DERNIER PAYSAN".Dans le livradois, un homme né en 1950, paysan, a décidé de vivre sans rien changer à la derme et au mode de vie de ses parents. Chauffage de bois dans la cuisinière en émail, poules et canards en liberté, vaches qui vont boire à l'abreucoir, et les deux paires de boeufs qui servent à tous es travaux des champs, attelés à des machines en bois. "Me moderniser, pourquoi faire? pour s'enrichir...ou pour s'appauvrir..." On sentait au ton de sa voix que ça n'avait pas d'importance, l'important étant de bien vivre sa vie.Il a gagné son pariri, sa vie a été bien remplie, et nous met en face de la nôtre, ou si souvent nous nous ennuyons tout en courant après le temps. Nous fait prendre conscience aussi de l prodigieuse vitesse avec laquelle la technologie nous a séduits et transformés, et de celle qui nous fait nous éloigner les uns des autres.

Etonnée et ravie de voir une petite fille d'environ cinq ans ne pas perdre une goutte du film et en fin de séance faire des commentaires et poser des qunstions. Le documentaliste (René Duranton) est vraiment très doué. En une heure trente de film, pas une seconde d'ennui, pas de sensiblerie non plus. Il a fait d'autres films , comme "Les sillons de liberté, dernier paysan breton" ou "Femme paysanne". Non reconnu par les media officielles, il se déplace à la demande des associations, mairies, écoles, et vend ses livres en DVD. Bravo à lui... et au dernier paysan...

Demain...

17/02/2013 11:35 par francettedenbas

"Si nous nous comportions différemment, sans aucun doute considérerions-nous avec moins de candide espérance ce que nous appelons notre avenir. Un avenir qui nous sert souvent de prétexte pour tout ce que nous avons seulement survol", effleuré, dans le passé, pour tout ce que nous avons omis de faire de bien et d'heureux, car nous avons la fatuité de penser que, inévitablement, l'avenir nous permettra d'accomplir tout ce que nous n'avons pas été capables de faire jusqu'alors. Cependant, ce n'est pas demain qu'il faut vivre, mais aujourd'hui.

 

Aujourd'hui est un autre jour.

 

Ne soyons pas que des espérances d'êtres vivants, mais de vrais vivants. Il y a urgence.

 

Ne perdons pas un seul de nos précieux instants. Construisons le temps qui nous est chaque jour donné afin qu'il soit le plus beau possible, le plus réussi et le plus riche qu'il puisse être, afin qu'à tout moment nous soyons convaincus que nous faisons bien notre travail de vivants."

 

Michel Blondeau - Demain n'est pas un autre jour

 

Quand il a écrit ces lignes, Michel se battait contre une maladie et savait sa bataille perdue...

cours, camarade

06/02/2013 17:37 par francettedenbas

Hier je me lamentais avec des collègues à propos des soporifiques que nous servent les media. 10 millions de mal logés en France (1 personne sur 7), les associations caritatives qui manifestent parce que les demandes d'aide alimentaire augmentent (et pourttant les critères de droit sont serrés) et les subventions baissent, des femmes et des enfants à la rue, les suicides qui explosent, etc...et à quoi s'occupent nos députés? à discuter et détourner et discuter des détournents, pendant des jours et des nuits, d'une loi sur le mariage des homosexuels...Cette loi devait être faite, certes, mais réclamait-elle autant d'énergie et de temps? Est-ce la grande cause urgente? et que font les media, du moins aux heures de grande écoute? la même chose, interviews et contre-interviews et hypothèses loufoques ou dépassées. Où sont passés les grands reporters et les vrais reportages? où sont passés les représentants du peuple?

Aujourd'hui, un peuple justement se rappelle à nous. La neige m' a poussée à déléguer et fuir mon boulot prématurément. Aussi en voiture j'ai pu entendre chez Mermet un reportage en direct suite à l'assassinat de Choukri Belaïd. Sera-t-il suivie de peur ou d'un réveil de la révolution? A entendre la détermination des premieres manifestations, je pense, et j'espère, que ce sera la deuxième hypothèse. Qu'il ne sera pas mort pour rien.

Et nous, qu'attendons-nous? Nous acceptons la perte de nos savoir-faire, de nos institutions publiques, le chômage, la pauvreté et la misère dans ce pays si riche. Nous acceptons d'entendre que l'idéologie du FN a de plus en plus de succès. Nous acceptons les media propriétaires de marchands d'armes ou de grands financiers. Nous acceptons de faire la guerre au Mali (AREVA et les mines d'or) tout en vendant des armes à la Syrie (les fameux droits de l'homme y sont-ils mieux respectés?) . Nousdacceptons de perdre notre temps avec des chartes, des normes de bonne conduite, des audits, au lieu de faire notre métier. Nous acceptons de perdre notre langue pour un vocabulaire qui n' a plus de sens. Nous acceptons la confusion et nous nageons dedans.

Et nous, quand nous réveillons-nous?

Brigitte Fontaine

05/02/2013 22:26 par francettedenbas

" La vie est lâche, la vie est vicieuse, la vie est menteuse, sadique, sournoise, satanique. La vie est folle de moi, mais pas moi. Pour l'instant, la vie est un crayon, un bic. Le bic trace des caractères sans raison, où même la désespérance se cache.

Ecrire est une activité de lâche. Ce n'est pas en grattant sur du papier que je vais changer quelque chose. Mais c'est tout ce que je peux faire. Ne vous inquiétez pas, ça ne peut pas vous faire de mal.

Toutes ces années passées courbée sur un cahier, pour extraire des lapins, des dragons, des ballons rouges, des étendards, des plumes, des sculptures de néon, des sapins de Noël, ça voûte, ça voûte. Toujours cracher, cracher des mots, toujours en train de se pomper pour sortir des perles et des roses, et merde, rien que des crapauds, des serpents et des vieux mégots.

Tout ceci ne rend compte que de quelques moments de vacuité où on traque quelque chose, je ne sais quoi. Il rend compte aussi de quelques bribes de vie extérieure. Par exemple, le téléphone que je viens de rejoindre après une journée dehors, le téléphone n'a pas encore fait de bonnes surprises. Seulement des "ah là là" ou des "alors  qu'est-ce qui se passe?" ou des bisous ou du bizness.

Moi, j'attends bien sûr. Je suis une proie, la proie des forces, pas facile  d'accord, mais rarement prédatrice. Un genre de papillon, de petit oiseau qui serait également rapace, parfois." ( Portrait de l'artiste en déshabillé de soie). 

Le sabre et le goupillon

14/01/2013 16:04 par francettedenbas

Ah si Adam et Eve avaient été mariés! Eve n'aurait pas croqué la pomme et n'aurait pas eu accès à la pensée et à la connaissance! Mais voilà, le mariage n'était pas inventé, et il en advint ce que nous sommes devenus!

Quelques siècles ont passé et furent créés la religion masculine, le mariage, la famille mononucléaire.

Mais depuis quelques décennies, le mariage ne sert plus à émanciper les femmes de la tutelle paternelle pour les caser sous la tutelle conjugale. Les femmes sont adultes dès leur majorité.

Le mariage, c'est un engagement à des devoirs. Mais quand l'heure des devoirs arrive (maladie, invalidité, chômage, ...), on peut s'en libérer par le divorce. Inversement, les personnes pour qui l'engagement envers l'autre, écrit ou non, a un sens, soutiennent leur compagne ou compagnon dans les moments difficiles. On voit ces deux situatiohs tous les jours.

Le mariage sert peut-être encore à des alliances entre familles possédantes, je n'en connais pas l'importance.

Bref, la revendication '"mariage pour tous" me semble anachronique, mais pourquoi pas, si certains ont besoin de papier. A condition que ce ne soit pas mariage obligatroire pour tous (on ne sait jamais, au train où ça va).

La manifestation anti-mariage pour tous ravive des souvenirs. Les mêmes manifestants, ou leurs ^parents, manifestaient en nous traitant de putes quand on réclamait le droit à l'avortement et à la contraception. A l'époque, on ne parlait pas de père obligaroire, la norme était que la femme devait être mère, devait être ventre, et porter sa croix jusqu'au bout.

Faire appel à une famille "traditionnelle" voire "normale"qui serait épanouissantes, c'est oublier les nombreux cas de violence conjugale et de maltraitance sur enfants. C'est oublier aussi toutes les névroses qui naissent dans son giron.

C'est oublier aussi que des enfants sont élevés par des femmes uniquement (c'est courant en temps de guerre par exemple) ou aussi par des hommes et grandissent cependant.

C'est mettre de côté les enfants de famille monoparentale, les enfants de divorcés, les enfants abandonnés, les orphelins, les enfants accueillis, les enfants adoptés.

Bien sûr, il faudra répondre aux questions des enfants dans un couple d'hommes ou de femmes. Mais tous les enfants, un moment ou un autre, se posent des questions sur leur origine, et il faut bien y répondre aussi, le certificat de mariage ne leur suffit pas. Et tous les enfants aussi se posent des questions sur leur identité sexuelle. Tout cela n'est pas nouveau.

Alors qu'est-ce qui se cache derrière cela?

Je n'ai pas la réponsee. Mais crains un retour du religieux, dans ce doux pays de France, fille aînée de l'église. Cette religion contre la femme et contre l'amour tout à la fois. Au nom du père, du fils, du saint-esprit... mais pas de Marie, vierge et mère tout à la fois. Cette religion qui se fâche quand on évoque la liaison de Jésus et Marie-Madeleine, comme si c'était mal d'aimer une femme.

Je crains un retour du religieux et un retour aussi du combat contre les femmes. Mais peut-être bien que ça va ensemble.

 

Trajetranges

05/01/2013 23:00 par francettedenbas

Je me sentais un peu inquiète hier matin avant de prendre la route, et me suis même munie d'une breloque à mon cou.Pourtant la nuit n'était pas trop mortifère, la pluie pas trop forte, la route était bonne. Pendant trois quart d'heures il ne se passa rien, sinon que j'avais l'impressiion persistante de ne pas être seule dans la voiture, et me suis surprise à parler un moment à mon passager invisible. Arrivée à un gros rond point où il est souvent difficile de s'incruster, j'ai pu y arriver sans difficultés et me suis calée bien au centre pour laisser libre la file de droite. Sur des routes débouchant plus loin, je voyais arriver un gros camion entouré de lampions, mais n'y pris pas garde, il n'avait pas priorité. Pourtant, parvenue à sa hauteur, je l'ai vu arriver sur moi, ses phares à quelques centimètres de la voiture. Je ne sais pas quel miracle s'est produit, mais il n'y a pas eu de choc. Dans le rétro, j'ai vu le camion immobilisé au milieu du rond point, bouchant les deux files.

Quand j'ai vraiment réalisé, j'ai pensé au passager invisible, mais il n'était plus là.

Tout autre fut le trajet de retour. Il faisait grand soleil dans la vallée où je travaille et j'étais heureuse de finir la semaine. Une fois sur le plateau qui surmonte la vallée, j'ai vu un immense nuage noir, semblable à un serpent dont je ne voyais ni la tête ni la queue. Le ciel était bleu au-dessous et au-dessus. Après une quarantaine de kilomètres, je suis rentrée dans le nuage et y suis restée pendant cinquante kilomètres. Selon les variations d'altitude, j'étais dans le bas du nuage et la route était vaporeuse mais visible, ou au milieu et dans un grand brouillard noir. J'ai goûté les moments où, vers mille mètres, j'approchais le haut du nuage, on apercevait le bleu qui perçait au-dessus, et à ma hauteur les arbres et les maisons se reposaient dans une lumière rosée et bleutée, ce qui ne donnait pas envie de redescendre dans le brouillard. Quand je suis arrivée définitivement sous le nuage, il faisait déjà nuit, le trajet redevenait ordinaire.

Beaux cadeaux de fin de semaine, et encore merci à mon passager clandestin.