Rameurs
23/02/2012 22:57 par francettedenbas
Ramer dans les eaux bourbeuses de la loi du marche,ramer dans les rapports dits «traces» en «transparence», ramer entre les procedures pour les devier, ramer parmi les principes de precaution et d efficacite, un livre semble interessant, «la revanche du rameur», en reference a la plaisanterie sur les cabinets de consulting. Mais ramer entre des zombies bien maquilles, des voitures bien lustrees, des responsables bien blancs, des politiques bien insipides,ça ne vous donne pas envie de couler le bateau?
Temps de fuite
16/02/2012 20:36 par francettedenbas
Bizarre idee de vieillir, de voir s etirer le temps qui passe, de se pelotonner dans un futur sans temps et sans ce que l on a tant aime. De reporter au lendemain en sachant bien qu un jour il n y aura plus de demain. J entends pres de moi ces boursouflures de l ame, ces non dits s qui veulent dire en filant les jours, les semaines et les mois. Dire est dur et souvent est preferee la douceur moite du silence. Ainsi pense-t-on eteindre les passions avant de s y faire mal. Avant de s eteindr e soi-meme. Effacer les sentiments, reculer le temps du renoncement.
Des mots
11/02/2012 14:30 par francettedenbas
Mots tendresses et mots tenebres, maux d amour et maux de haine, mots de vip et maux de vit, est-ce une communication piege a. ..?
Nous reconstruire
10/02/2012 16:43 par francettedenbas
(mettez les accents dont vip ne veut) Face a l'hyperliberalisme,face a la destruction programmee de notre planete,ne faisons pas l autruche en disant que nous ne pouvons rien faire. Pour nos enfants,nos petits enfants,reconstruisons ce qui leur sera plus desirable que le dernier portable ou les tennis de marque. Ce qui peut les sortir de leurs envies et des frustrations repetitives, de leur tristesse et de leur esclavage,c'est l'ouverture vers leur jeunesse. Etre jeune,c'est etre curieux, oser,essayer, prendre des risques, se gourrer,rire,pleurer,aimer. Ce n est pas passer lebac qui promet au lieu de celui qui interesse, puis multiplier les masters en oubliant sa vie. Ce qui peut etre desirable, des adultes qui se parlent, plaisantent,pensent ensemble et batissent devant un plat de nouilles. De voir des chats qui ne sont pas ecrases, des vaches et des cochons entiers dans les pres,des rues qui nesoient pas remplies de banques, des gens qui se regardent au lieu de foncer tete baissee, oreillettes sur les oreilles en attendant les soldes. Ce sont nos vies qui sont soldees. On ne peut rien faire? Mais si. Refaire des liens autour de nous et construire d autres modeles.
civilizonzon
09/02/2012 13:11 par francettedenbas
Une civilisation, c'est vivant. Ca nait quelque part on ne sait où ni quand, ça s'affirme, ça grandit, ça se développe avec des hauts et des bas, des merveilles et des horreurs.
Une civilisation, ça bouge. La nôtre a contenu le nazisme, mais aussi la résistance, l'inquisition mais aussi l'hérésie, le colonialisme mais aussi les luttes pour l'indépendance.
Une civilisation, ça réunit tout le monde, hommes et femmes, nouveaux-nés et vieillards, ancêtres et vivants, au-delà des millénaires, des régimes, des modes et des religions.
Ce sont dans les évènements, dans les plis de l'histoire, que se forgent les hommes.
Une civilisation, ça échange, ça apprend, ça donne, ça guerroie.
Si nous avions gardé les chiffres romains au lieu de piquer ceux des arabes, peut-être n'aurions-nous pas les banques, le FMI, la dette mondiale, ...
Ca se discute
Une civilisation, ça meurt, quelquefois bien tristement. Dans ses traces semées d'autres en naîtront.
hors jeu
02/02/2012 09:23 par francettedenbas
Has been, hors jeu, hors course- je fais une pause. Sympathie à ceux qui ont sympathisé
Le mépris
01/02/2012 13:16 par francettedenbas
Entendu hier matin la ministre du budget expliquer que la hausse de la TVA ne fera pas augmenter les prix, "parce que ce n'est pas automatique".
Mais que la baisse du coût du travail (salaire, sécu, retraite,...) les fera baisser, par on ne sait quel automatisme.
Entendu se vanter d'une TVA à 7% sur le bâtiment, qui permettrait de construire, de multiplier les logements et de faire baisser les loyers.
Sauf que la TVA sur le bâtiment est à 19,6%. Elle a d'abord nié, puis devant les protestations des journalistes et auditeurs, a admis que 7%, c' était juste pour la rénovation. Raisonnement improvisé par elle: c'est très bien qu'un propriétaire puisse rénover sa maison avec une TVA faible. Et on ne sait par quel miracle, rénover sa maison ferait baisser les prix des loyers.
N'en avez-vous pas assez de ces gouvernants qui ne se donnent plus la peine d'être compétents, ni même de faire semblant? De leur modèle de loi du marché qui nous prouve depuis vingt ans son absurdité?
Les compétences, les savoir-faire, l'intelligence ne sont pas là où on les attendrait. Ils sont dans le peuple qui travaille, qui raisonne, qui échange, qui partage et s'instruit. Qu'attendons-nous pour les utiliser?
Virtuel vibrant
26/01/2012 13:09 par francettedenbas
Le capitaine du navire a dit qu'il regardait son écrant, l'écran ne parlait pas du rocher et le bateau a chaviré. Le capitaine avait pris l'écran pour la réalité.
Quand je suis venue sur vip l'été dernier, apprendre ce qu'étaient blogs et blogueurs, j'ai trouvé des blogs esthétiques, des blogs poétiques, des blogs scientifiques, des blogs politiques, et aussi des blogs de discussions. Certains dialoguaient, se donnaient des nouvelles, s'invitaient chez eux, s'envoyaient force bises, tendresses et amitiés.
Je n'ai pas osé m'inviter dans ces groupes de vieux amis et vieux amants.
Et puis on m'a déniaisée et appris que tout cela c'était du flan. Que vieux amis et amants étaient virtuels, ne s'étaient souvent jamais rencontrés, n'avaient jamais rien affronté ensemble, ne s'étaient pas émus, n'avaient pas eu de fou rire, de révolte ou d'attendrissement ensemble.
Que tout cela n'était que mots cachant d'autres maux.
Un jeu de rôles en quelque sorte.
Et maintenant je vois des dissenssions, des humiliations, des déballages, des trahisons, des désamours. Des sentiments dont les mots semblent vrais. entre humains qui ne se connaissent pas.
Où s'arrête le jeu? Où commence la vie?
Le mot amitié finit par perdre son sens, je me demande si je ne vais pas revenir à mes anciennes traditions et rebaptiser mes vieux amis en camarades.
Le mot amour n'ose plus se dire.
Ce sont les mots de notre réalité humaine qui sont disqualifiéss et disparaissent dans cette poubelle sans fond de la modernité.
Les sentiments existent encore mais ne peuvent plus se nommer.
Comme dans ces démarches "qualité" où seuls ont d'importance ceux qui peuvent se chiffer, et donc se compter, et de là se traduire en monnaie, gloire à notre dieu Argent.
Quand il n'y aura plus de mots, y aura-t-il encore une pensée?
Et si la pensée disparaît, les mots peuvent-ils exister?
Je suis perpelexe devant cette virtualité qui donne des chagrins réels.
Je vois toujours des hommes et des femmes inscrits dans un corps, dans une peau, dans un regard, dans des désirs et des peurs. Je vois toujours des émerveillements, des bonheurs et des souffrances, des luttes et des renoncements, des créations et des destructions, des enfantements et des drames. Qui se disent ou se taisent.
On me dit has been, d'un autre temps, on me renvoie au Moyen-Age. Si je pouvais...y retrouverais-je ce qu'on se disait sans même signer, dans le tracé de nos édifices?
Humainement vôtre.
Reflux
22/01/2012 11:04 par francettedenbas
Tous ces refus que nous avons combattus, toutes ces envies de ne pas voir, de ne pas vivre: l 'échec, la maladie, le désamour, l 'abandon, la mort, la violence, et tant d autres catastrophes personnelles ou collectives. Tous ces désirs de fuite que nous avons refoulés, toutes ces larmes que nous n avons pas versées, parce que ce n'était pas le moment, pas la priorité, que nous voulions résister, rester debout, combattre ou accompagner. Tous ces sentiments que nous avons enfouis et qui ressurgissent à l impromptu, quand nous ne les attendons plus, quand nous ne les reconnaissons plus. Tout ce qui fait notre humanité persistera, malgré nos efforts pour paraitre modernes, techniques, efficaces, rationnels et logiques. L impalpable de nos vies, sous l' arrogance ou la carapace, ne nous lâchera pas. Baissons pavillon de temps en temps et nous serons nourris pour notre prochaine bataille.
Anna
19/01/2012 12:58 par francettedenbas
Tes mots se sont vidés comme une eau de vaisselle prenant la fuite dans un vortex sale.
Raidie sur un lit hygiénique dans une chambre sèche, tu sens parfois passer un souvenir, une idée, une révolte que tu ne peux saisir ni dire. Et tout repart à petits pas feutrés. Tes yeux fixés sur une fenêtre noire, ta main crispée sur un châle, tu restes là, immobile, séparée de ton âme, coupée de ton amour, en attente.
Attendre. Attendre le retour d'Anna, la compagne rieuse, l'amie enveloppante, la jongleuse de mots. Anna l'archange et ses milliers de pages, ses armoires de manuscrits. Anna la sensitive, Anna l'amoureuse, Anna notre soeur qui se fâne, notre lumière qui se tamise auprès de son amant solaire.
Ave, avec, avc.
Nous irons te chercher là où tu es, même si c'est sombre, même si c'est glauque et te ramérons au rire ensemble.
